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Jean Arthuis : «Seule l’Europe nous donnera les moyens d’agir»

Le 17/06/2013

Pour Dialogues, Jean Arthuis, sénateur UDI, nous expose sa vision sur l’Europe ainsi que ses solutions pour sortir le pays de l’ornière de la crise : « il convient de mettre fin à la tyrannie du court terme, d’être lucide et de faire preuve de courage ».

Pour Dialogues, Jean Arthuis, sénateur UDI, nous expose sa vision sur l’Europe ainsi que ses solutions pour sortir le pays de l’ornière de la crise : « il convient de mettre fin à la tyrannie du court terme, d’être lucide et de faire preuve de courage ».

Vous êtes vice-président de l’UDI en charge des questions européennes, pourriez-vous nous présenter en quoi consiste votre travail au sein du parti centriste ?

Jean Arthuis : Je pilote, avec l’aide de nos députés européens, un groupe de travail qui m’aide à formuler une vision et des propositions dans la perspective des élections au Parlement européen du printemps 2014. Un secrétariat spécifique, animé par Sylvie Smaniotto, fonctionne  au siège de l’UDI. Dès la mise en place des instances départementales, nous demanderons la désignation, dans chaque fédération, d’un correspondant « Europe » afin de mettre en débat les grandes lignes de notre projet. D’ores et déjà, un blog est ouvert à l’adresse suivante : http://europe.parti-udi.fr. Par ailleurs, je vais à la rencontre de nos partenaires des différents pays de l’Union européenne. Il est important de rechercher les plus larges convergences possibles avec  les élus de l’ALDE, dont Guy Verhofstadt. Nous avons la conviction que l’Europe doit cesser d’être une addition d’égoïsmes nationaux. Pour gagner la guerre économique et recréer des emplois, sortir de la crise, nous avons besoin d’un pilotage politique. C’est vrai pour la zone euro qui devient le noyau de fédéralisation. C’est vrai aussi pour le marché unique qui a besoin d’une politique commerciale volontariste. Je me réjouis, à cet égard, de la décision de taxer les panneaux photovoltaïques chinois !

 


En vos qualités d’ancien ministre de l’Économie et des Finances, quel bilan portez-vous sur la politique économique menée par le gouvernement ? Quelles sont les solutions que vous préconiseriez ? 

J.A. : Le chômage explose et l’économie française est en récession. Il est manifeste que François Hollande n’a pas pris la mesure  de la crise. La situation appelle des réformes structurelles courageuses. Cette exigence n’est pas nouvelle. Il importe de rétablir la compétitivité de l’économie et d’assainir nos finances publiques. Pour y parvenir, nous devons alléger significativement le coût du travail par une baisse des charges sociales et l’introduction de la flexibilité dans notre législation. Fiscalement, si nous voulons enrayer les délocalisations d’activités et d’emplois, il convient d’imposer les produits et non pas la production. S’agissant de la résorption des déficits et de l’endettement, le matraquage fiscal doit cesser. La seule voie est donc la réduction des dépenses, c’est à dire le retour aux 39 heures dans les trois fonctions publiques, la restructuration des services et la simplification des normes au profit d’un principe de responsabilité et d’innovation. Enfin, pour régler les questions économiques, commerciales et financières, soyons bien conscients que seule l’Europe nous donnera les moyens d’agir. C’est dire l’urgence de donner à la zone euro un gouvernement effectif.

Selon une récente enquête d’Harris interactive, 7 Français sur 10 ne font pas confiance aux responsables politiques. Pensez-vous qu’il s’agit là d’un aveu d’impuissance de la part du pouvoir face aux défis majeurs qui sont les nôtres ? 

J.A. : La gouvernance publique dysfonctionne. La mondialisation a changé la donne et périmé l’Etat providence. Symptôme pathétique, le pouvoir politique a trop souvent substitué la communication à l’action, prenant ainsi le risque d’afficher son impuissance face aux réalités. Il convient de mettre fin à la tyrannie du court terme, d’être lucide et de faire preuve de courage. Bref, osons.

Enfin, si vous deviez définir André Santini en trois mots…

J.A. : Ecoute, vision, action. Avec humour il nous invite à faire aussi bon usage de la loupe que de la longue-vue.

Propos recueillis le mercredi 5 juin 2013.

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